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Toujours en quatre mots : Fanfictions, YAOI, Naruto, Sasuke. =)

Petit coup de gueule.

Petit coup de gueule.

Ohayo les gens !!!
I
l y a quelques temps j'ai participé à un concours de littérature pour jeunes.
Ils disaient que la réponse viendrait vers août. je l'ai reçue aujourd'hui.

Ces cons gens n'ont pas voulu me publier parce que le sujet que je traitais n'était pas acceptable et lisible par tout le monde.
Pfah !! Si j'avais su que les habitants de mon pays étaient tellement homophobes...
De rage, je vous délivre ce texte. Appréciez-le, vous au moins.

~~~


Il est huit heures du matin, dans la pittoresque ville de Paris. La gare centrale est complètement vide, pas une seule âme qui vive, pas une seule trace humaine dans cet "entrepôt" à grande échelle.
Quelques feuilles publicitaires jonchent le sol, comme des dizaines de cadavres sur un champ de bataille, étalées au monde, mises à nus devant l'aube naissante. On peut facilement y lire une annonce pour un nouveau produit médiatique... Sombres sottises.
On peut voir contre les murs sales, mais qui reflètent ce qui était le bleu ciel d'origine, des affiches déchirées. Cependant, ce sont les graffitis qui dominent. On ne prête que trop peu d'attention à ces véritables ½uvres d'art anonymes, faites par les bons soins des gens de la rue qui, par ce geste, montrent au monde entier qu'ils existent grâce à leurs magnifiques arabesques multicolores.
Je dois sûrement être le seul fou qui erre dans les décombres. Il n'y a personne d'autre et ce n'est pas par pur hasard : la gigantesque gare est en rénovation pour trois mois. Et je suis là. Ne sachant pas vraiment pourquoi ni comment je me suis retrouvé ici... Peut-être parce que je savais que c'était le seul endroit où il n'y aurait personne. Oui peut-être, qui sait.
Cela fait maintenant plusieurs semaines que je viens régulièrement dans ces ruines immenses, je m'y sens libre, c'est un peu comme mon petit havre de paix, en quelque sorte. Il faut dire aussi que ma vie à l'extérieur n'est pas des plus réjouissantes.
J'ai dix-sept ans. Enfin, j'aurai dix-sept ans dans une semaine précisément, le neuf octobre. J'ai été abandonné par ma mère à la naissance et mon père n'y a même pas assisté. Donc, comme vous vous en doutez, j'ai été trimballé de familles en familles depuis mes premiers jours. Mais mon temps passé dans ces foyers n'a jamais atteint des sommets et je crois que le plus longtemps que je sois resté au même endroit, c'est sept mois. Aussi loin que remontent mes souvenirs, je sais que je n'ai jamais été comme tous les petits garçons de mon âge. Je n'ai jamais eu les mêmes ambitions, jamais eu les mêmes idées et jamais eu les mêmes centres d'intérêts, surtout. Eux, ils voulaient jouer à la guerre, faire comme leurs papas envoyés sur le front. Comme si il n'y avait pas assez de guerres sans que les enfants se prêtent au jeu... Moi, ce n'était pas à ces occupations que je voulais passer mon temps, alors j'allais avec les femmes de la maison. Je les écoutais et elles me comprenaient. Plus les années passaient, moins je me sentais bien dans ma peau : le monde dans lequel j'étais né me dégoûtait. Et c'était compréhensible quand on voit les atrocités qui se sont passées à cette époque. A mon époque... Comment en est-on arrivés là ?
Enfin, ne vous méprenez pas, je ne suis en tout cas pas dépressif. J'ai simplement ouvert les yeux. J'aurai préféré les garder clos.
Revenons-en à cette fameuse gare de Paris. Nous avons encore bien le temps pour parler de mon enfance qui n'était en tout cas pas gaie... Et aujourd'hui, je ne suis vraiment pas d'humeur à en discuter. Plus tard, oui plus tard, je vous en fais la promesse : je vous dirai tout.
Marcher dans cette gare, c'est vraiment apaisant. Aussi fou que cela puisse paraître, on oublie tout en se noyant dans les entrailles profondes et meurtries des dédales. J'ai perdu mon âme dans ce gigantesque labyrinthe... Et elle est seule.
Me voilà maintenant dans les souterrains de la gare. Les rails oxydés par la pluie me narguent, fiers de leur position. Quelques bancs qui n'ont pas été arrachés par les "rénovateurs" tiennent encore debout, ne s'avouant pas totalement vaincus de la bataille qu'ils ont vécue, même si leur acharnement est assurément vain. J'ai élu domicile sur l'un d'eux, celui qui est en meilleur état.
Il est situé dans un croisement un peu plus à l'est de ma position actuelle. Je m'y dirige lentement, mon sac d'école posé négligemment sur mon épaule droite. Mais en arrivant à proximité, je me rends compte que quelqu'un y est déjà endormi... C'est un homme, à priori. Je n'arrive pas très bien à discerner clairement son visage : il a un capuchon rayé gris et noir sur la tête, m'obstruant la vue du haut de son crâne. Ses bras sont croisés sur son torse, se soulevant doucement au gré de sa respiration calme. Mon regard vagabonde ensuite sur le bas de son corps. Il est habillé très simplement : un jean délavé, une veste à fermeture éclair et des chaussures qui ont vécu leur temps. D'après moi, je ne dois pas être plus âgé que lui. Enfin en même temps, c'est difficile d'évaluer quelqu'un sans voir son visage. Je me rapproche donc de lui, discrètement. Je ne voudrais surtout pas le réveiller ! Les situations gênantes me rendent terriblement vulnérable et je me retrouve sans savoir parler.
Une fois suffisamment près de lui, je m'accroupi à ses pieds et lorgne sous la capuche. Quelques mèches de cheveux bruns s'échappent irrégulièrement du tissu, les plus longues tombant à la hauteur du milieu de son nez. Sa bouche est légèrement entrouverte, laissant entr'apercevoir une rangée de dents bien alignées. La forme qu'adopte sa mâchoire est harmonieuse, formant des arrondis agréables et appréciables. Sur son cou trône une écharpe couleur beige qui continue sur son torse et achève sa course sur sa chute de reins.
Je reste ébahi devant cet être qui dégage quelque chose de vraiment à part. C'est comme si tout autour de lui semble plus beau plus... calme. Je ne sais pas vraiment, en fait. Il semble comme un mirage ou même une ombre qui pourrait disparaître à tous moments. Qu'il m'emmène avec lui s'il s'en va ! J'échapperai ainsi à l'enfer que je vis chaque jour. Je me demande ce qu'un homme comme lui peut bien fabriquer dans un endroit pareil ? Je le dévisage encore et encore, ses yeux cachés derrière leur rideau de cheveux m'intriguant au plus haut point. Cependant, je n'ai pas le temps d'y songer que mon inconnu s'éveille face à moi. Je reste tétanisé. Aussi absurde que cela puisse vous paraître, l'option qui mettait en scène le fait qu'il pourrait éventuellement se réveiller ne m'avait pas même effleuré l'esprit. Et il est là, à s'étirer gentiment, lentement, comme un oisillon qui déploierait ses ailes pour la première fois... Il ne semble pas avoir remarqué ma présence, pour le moment. Mon c½ur palpite à cent à l'heure dans ma pauvre poitrine, comme pour lui demander l'autorisation de sortir. C'est là que mon inconnu me remarque enfin. Mon c½ur bat-il donc si fort que cela ? Je ne le saurai sans doute jamais. Il me regarde attentivement, un peu comme moi précédemment. De mon côté, je me sens terriblement stupide, sur les talons devant lui, comme pris en flagrant délit. Un détail frappe soudainement mon esprit : ses yeux. Il est vrai qu'avant, je n'avais pas pu les observer correctement à cause de son capuchon, mais maintenant, c'est bien différent. Il a les yeux verts. Deux magnifiques billes, vert émeraude, pétillantes de vie, qui me sondent sous toutes mes coutures. Il ne semble pas trop perturbé de ma présence. Tant mieux.
Nous nous regardons plusieurs minutes durant, ne pipant mot chacun de nos côtés, mais s'il est comme moi, alors je suppose que pendant toutes ces minutes, son esprit a bouillonné d'interrogations. Finalement, il décide de rompre la glace en premier et de prendre la parole :
" Je suis désolé. "
Pardon ? J'ai dû mal entendre sur le coup. Pourquoi diable s'excuse-t-il ? Il n'y a pourtant aucune raison, il me semble. Je décide donc de le lui demander.
" Excusez-moi... mais désolé de quoi ? "
Ici, il éclate de rire. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais il s'explique, se rendant compte de mon incompréhension :
" Ne me vouvoie pas par pitié, je ne suis pas si âgé que cela tout de même !
- Ah... Excuse-moi dans ce cas.
- Il n'y a aucun mal. "
Après cette réponse, il y a un long moment où l'on ne dit plus rien. L'ambiance est certes plus détendue qu'auparavant, mais je ne sais toujours pas qui il est et il n'en sait pas plus à mon sujet.
" Moi c'est Erwan. "
Me dit-il, un immense sourire bien imprimé sur ses lèvres. Quel prénom étrange... il lui va bien. Je lui souris donc à mon tour et lui répond d'une manière que je veux solennelle :
" Nathaël. "
Il me sourit tendrement. Comme un père sourirait à son fils. Et ce petit sourire en coin qu'il a depuis quelques instants le rend encore plus irréel, je dirais. A nouveau, un long moment silencieux prend place entre nous. Je n'ose toujours pas bouger et mes jambes commencent à me picoter. Il faut dire que ma position n'est pas des plus confortables. Cependant, je reste par terre, ne sachant pas vraiment si j'ai le droit de m'asseoir aux côtés d'Erwan ou non. Alors je resterai par terre, tant pis. Je tourne la tête pour observer l'horloge qui surplombe l'allée où nous nous trouvons : huit heures quinze.
J'hésite entre me relever pour aller au lycée et demeurer ici. Sans que cela en ait l'air, cet homme m'intrigue et je veux en apprendre plus sur lui. Je le regarde à nouveau. Ses yeux sont posés sur les rails un peu plus loin pendant qu'il sort de manière mécanique un emballage bleuté de sa poche. Des cigarettes à rouler... Il fallait bien un élément noir sur le tableau. Je le regarde faire, hypnotisé par ses mouvements. Erwan baisse alors les yeux vers ce qui est en quelque sorte son "ouvrage" et l'achève en donnant un coup de langue sur la longueur de sa cigarette pour la fermer. Puis, il saisit le briquet qui était dans l'emballage et l'allume. Un halo de fumée s'échappe alors de ses lèvres et, d'un geste de main, Erwan libère les cheveux de son capuchon. Il me regarde ensuite à nouveau, me fait un léger sourire et retourne dans sa contemplation des rails.
" Tu ne veux pas t'asseoir à côté de moi plutôt que de t'engourdir par terre ? "
Je reste stupéfait par sa remarque. Malgré cela, je me lève sans paroles et m'assois donc sur ce qui était jusqu'à aujourd'hui mon seul refuge, là où je passais tous mes temps libres.
" Dis-moi maintenant... Pourquoi es-tu ici, Nathaël ?
- Je pourrais te retourner la question.
- Oui, tu pourrais.
- Alors que fais-tu ici, Erwan ? "
Il reprend une bouffée de sa cigarette avant de sourire et me répondre :
" Je me balade.
- Moi aussi je me balade.
- Pas véritablement. Toi, tu es perdu. "
A nouveau, je suis sur le pied du mur. C'est tout simplement impossible qu'il sache une pareille chose sur moi alors qu'il ne me connaît même pas ! Comment fait-il, mais comment fait-il ?
" C'est faux.
- Vraiment ?
- Oui, vraiment.
- Alors explique-moi en quoi un gamin comme toi trouve intéressant de se balader dans une gare inoccupée à huit heures du matin ?
- ... Je ne sais pas. "
Erwan ferme les yeux à nouveau. Il appuie ses coudes sur ses genoux alors que ses mains se joignent devant son visage. Il attend un moment avant de reprendre, en un murmure que j'ai presque un peu de peine à entendre :
" Tu es perdu. "
Je le regarde sans comprendre pourquoi il semble tellement... abattu. Comme si un souvenir douloureux avait remonté à la surface de cet homme. La curiosité commence à affluer dans mes veines pendant que la question cruciale me brûle les lèvres. Cependant, dans un effort surhumain, je parviens à la ravaler. Elle viendra plus tard, quand j'en saurai davantage sur lui. Pour le moment, il n'a clairement pas l'air de vouloir répondre à une telle question. Erwan est une personne très, très difficile à cerner. Je pense pouvoir vous l'affirmer avec ma plus grande certitude : c'est la personne la plus complexe que je connaisse. Enfin, pour le peu que je le connaisse, tout du moins. Lunatique et réservé, intellectuel et loufoque, beau et sombre. Il me ressemble en bien des points... Sauf que moi, je vois les choses m'entourant de noir. Je n'y peux pas grand-chose. C'est simplement comme ça.

En fin de compte, je ne serais pas allé au lycée.

Quelques jours passent alors, se coulant les uns dans les autres... Mais ma routine est bouleversée. Le jour suivant ma première discussion avec Erwan, je suis retourné à la gare, vers ce fameux banc et il était à nouveau là. Exactement dans la position identique où je l'avais laissé la veille. J'ai repris ma place d'origine, sans un mot. Nous ne nous disons pratiquement rien, d'ailleurs. Mais nous partageons. De la chaleur humaine plus qu'autre chose. Nous sommes là l'un pour l'autre et se savoir simplement assis côte à côte nous suffit amplement. Pour le moment.
J'ai pris l'habitude de plonger moi aussi mon regard sur les rails devant nos yeux, comme Erwan. C'est incroyable comme cela peut vous vider l'esprit. Laisser vagabonder des pensées, des rêves au vol... Les laisser évoluer, chacun à leur manière et les voir aboutir, enfin, au moins dans nos têtes emplies de questions bien trop lourdes, de responsabilités...
Liberté, où es-tu donc ? Ici. Dans cette gare, sur ce banc, à côté d'Erwan. C'est ici, ma liberté. Mon souffle d'air dans ma piètre existence, mon petit moment de bien-être, mon instant de répit... Mon marathon du c½ur, aussi. Et oui. Même si je ne sais pratiquement rien de lui, même si je le sais, je suis complètement dérangé d'y croire un millième de seconde, je suis tombé amoureux de lui. Sous le charme de sa frange trop longue, sous le charme de sa voix, sous le charme de son odeur, sous le charme de ses habitudes... Sous le charme de sa mélancolie qui semble éternelle. Est-ce vraiment de l'amour me direz-vous ? Je me complais dans cet idéal en tout cas. Il me donne un fil rouge qui me rattache à cette vie, qui m'insuffle la rage de persister, la rage d'aimer. Oh bien sur, il n'est pas au courant de cette rage qui m'habite et dont il est l'aliment principal. Non. Erwan demeure à observer ses rails, indéfiniment, ne semblant pas vraiment s'en lasser. Parfois, il ouvre la bouche pour émettre un son, comme pour vérifier que ses cordes vocales fonctionnent toujours et aussi pour me parler. Cependant cette deuxième issue est plus rare. Et je me contente de répondre. Avec toute la neutralité qui peut bien se trouver dans mes tripes. Malgré le fait que ça me tue à petit feu, cette mascarade infinie...
Je crois que le moment est venu de vous reparler de mon enfance. Depuis mon plus jeune âge comme je vous l'avais dit, j'ai vécu un peu reclus des autres petits garçons, étant forcé de cacher mes véritables passions et idées pour ne pas être totalement mis à l'écart. L'un de ces secrets était bien entendu mon homosexualité. J'ai décelé très rapidement ma "petite différence". Ce qui n'a pas franchement joué en ma faveur par la suite. Et c'était principalement pour cette raison que j'allais avec les femmes des foyers où l'on me logeait. Sans raisons vraiment évidentes, ce sont elles qui étaient les plus ouvertes. Mais comme on le dit : l'homme ne voit pas plus loin que le bout de son nez. La femme oui.
Quand je n'allais pas encore à l'école, cela se passait bien certes. Mais une fois que je suis allé en classe avec des autres élèves... Ce fût horrible. Les pires années de mon existence se sont déroulées là-bas, je peux vous l'assurer !! On oublie avec le temps comment les enfants peuvent être mesquins et tellement blessants. Pas moi. J'en ai bien trop souffert pour oublier les insultes que l'on me balançait chaque jour. Par je ne sais quel moyen, ils avaient découvert mon secret. Et devinez ce que l'on fait avec quelqu'un quand on veut le toucher au point sensible ? Je vous laisse le loisir d'imaginer le tableau que furent mes années scolaires. Et j'ai vécu cela jusqu'à ce que j'entre enfin au lycée. L'attente a vraiment été très longue...
Maintenant peut-être que vous comprenez mieux pourquoi je dis que j'en ai assez de jouer la comédie en refoulant ma véritable nature. Mais le problème reste toujours le même : cette maudite peur paralysante.
Je suis mort de trouille. Terrifié à l'idée de voir le regard dégoûté d'Erwan posé sur moi si je lui avoue que je suis "différent". Pour moi, c'est tout simplement impossible. J'en ai déjà fait les frais et mon c½ur à toujours du mal à s'en remettre. Une fois, j'ai eu la bêtise de me déclarer à un garçon... Plus jamais je ne commettrai cette erreur stupide. Au prix d'Erwan malheureusement. Je sais pertinemment que vous allez me trouver idiot d'agir de la sorte, mais c'est ma vie.
Je soupire en baissant mon regard vers mes chaussures. Mes épaves, devrais-je dire, vu leur état. Je sens que mes yeux me picotent. Ah non pas déjà... Je vous en prie... Je ne veux plus pleurer pour des futilités pareilles. Un sanglot s'échappe pourtant bien malgré moi de ma gorge, ressemblant plus à un rugissement qu'autre chose. Mais il semble attirer l'attention de mon voisin, puisqu'il tourne instantanément la tête vers moi, le visage à demi caché par des cheveux. J'essaye de me calmer par moi-même, comme je le fais d'habitude quand je suis seul dans mon "chez-moi" provisoire et que les souvenirs douloureux reviennent dans mon esprit. Tels les vagues d'une mer infinie de solitude et d'amertume... Je me hais.
Retrouvant un temps soit peu de prestance, je me redresse tant bien que mal, le dos arque bouté et tremblant, les yeux un peu rougis par les larmes qui sont finalement sorties. Je ne parviens plus à les retenir indéfiniment. Et cet être à côté de moi me ronge... Il n'est pas au courant de la peine qui me torture. Il ne le saura jamais. Et je ne demande pas mieux.
Erwan me toise en silence. Il ne me demande pas la cause de mon malaise. En même temps, je n'aurais pas été capable de lui répondre en toute honnêteté sans me trahir et signer mon arrêt de mort. Je ne peux décidément pas stopper les torrents salés qui défilent sur mes joues, creusant des sillons douloureux sur ma peau sèche. Mais soudainement un morceau de tissus aux motifs écossais entre dans mon champ visuel... J'émets ce qui ressemble à un hoquet de surprise et tourne la tête vers mon voisin qui me tend un mouchoir en tissus tout en me faisant un sourire réconfortant... Et tellement craquant. Je regarde alternativement l'étoffe et son possesseur, le même air hébété sur le visage. Puis, je tends ma main et prends son petit colis tout en lui soufflant un très léger "merci". Erwan renforce son sourire tandis que j'éponge mes yeux, ensuite mes joues. Je sens son odeur... Elle est imprégnée dans son mouchoir et m'enveloppe d'une chaleur aigre-douce. A cet instant, tout semble se figer autour de nous. Il ne reste que moi, le banc. Et Erwan. Nous sommes dans une bulle et comme pour accompagner notre symphonie, la pluie se met à tomber au-dessus de nous, faisant un petit clapotis régulier sur le plexiglas de la gare. Je lève les yeux vers le ciel grisâtre qui commence à gronder. Gentiment. Mais ça ne me fait rien. Je ressens juste une sensation de bien-être infini. Une chaleur extrême au creux de mon c½ur, malgré le froid qui se lève doucement dans ces ruines. L'espace d'un instant, j'oublie que je suis Nathaël et je me plonge dans le bruit de la pluie. Me laisse réchauffer par l'odeur d'Erwan, m'abandonne pleinement à lui. Je redessine les contours que laisse l'eau en dégoulinant sur la vitre translucide au-dessus de nous. A cet instant précis, je souris. Véritablement. Le plus pur et sincère des sourires que je peux offrir au monde. Je le donne à Erwan. C'est à lui seul qu'il revient. Je referme les yeux, agrippant les planches du banc entre mes mains. Et je sens que celle de mon voisin glisse sur la mienne, l'enserrant dans ses doigts fins et brûlants. Un long frisson me parcourt l'échine, faisant se dresser les cheveux de ma nuque. Je l'aime. A en mourir. Je clos mes yeux sur ce magnifique tableau et m'appuie contre le dossier du banc, humant l'odeur douce et suave qui émane des lieux. Je passe délicatement mon pouce sur la paume d'Erwan tandis que la pluie se fait plus violente dehors et que l'on entend les bourrasques du vent, mécontent. Pourtant je garde mon sourire. Et rien ne pourrait extirper la joie qui est nichée dans mon c½ur. Rien.

Le temps m'a offert le plus magnifique des cadeaux pour mon anniversaire. Il m'a redonné un espoir, une lueur d'amour, une rédemption qui tardait à pointer le bout de son nez. Et je la dois au seul mérite d'une gare, perdue et isolée dans la métropole de Paris...



Voilà. J'espère que vous avez aimé !! =)
Je ferais peut-être un petit blabla si ça vous intéresse... Mais j'en sais rien encore. n.n

( Pour ce qui est des OS, "Quand le Sport s'en mêle" va arriver tout prochainement !! Il faut encore que je modifie quelques petits détails et je vous le livre. Promis. En fin de semaine très certainement ! n_n )
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L
ton texte etait vraiment super j'ai bocoup aimé , bravo,bravo et bravo .
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H
C'est vraiment des abrutis finis pour ne pas accepter un texte aussi génial! Ils sont complétement débiles. Moi j'ai trop aimé! C'était hyper communicatives dans le domaines des émotions, c'est vachement touchant comme texte. Félicitations. ^^
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S
En mode extase: magnifique histoire, j&#039;ai pleuré. <br /> Je suis en licence de lettres modernes donc je peux te dire que la qualités d&#039;écriture est meilleure que celle de certains bouquins que je dois pour mes cours.<br /> Tu as raison notre pays est homophobe mais c&#039;est pas un scoop malheureusement (cf la polémique sur le mariage et l&#039;adoption pour les couples homosexuels).<br /> Ton texte a en tout cas un prix dans mon modeste classement de textes et livres que j&#039;aime.<br /> <br /> Après ces compliments j&#039;ai une petite faveur à te demander: peux-tu sortir mon défi demain parce que le 22 c&#039;est mon ANNIVERSAIRE et oui je fête mes 20 ans (trop fière). Mais si c&#039;est trop compliqué j&#039;attendrai.<br /> Bisou à bientôt.
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O
Joooolii... : D<br /> <br /> C&#039;est vraiment des trous du culs ces &#039;gens&#039; xD
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I
génial<br /> c&#039;est manifique. J&#039;en pleure.<br /> Je ne comprend pas pourquoi ils ont refusée ton texte car il est splendide. <br /> Mais tu as quoi avec les odeurs c&#039;est comme ça a chaque fois
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