
Salut les gens !
(Encore un retard pas possible ! Aïe aïe aïe...)
Voici l'un des chapitre décisifs de cette histoire... Et j'aurai une confession à vous faire en fin de chapitre. =)
Passez tous un agréable Noël ! <3
Je vous laisse lire le chapitre, et on se retrouve en bas. =)
Bonne lecture !
A June, qui est toujours là pour écouter les méandres d'une pauvre Suissesse. <3
~ ☆ ~ Voilà qui est intéressant, mon père passe aux informations de la télévision. Paraît qu'il aurait fait de nouveaux profits avec son entreprise, qu'il aurait acheté de nouveaux droits. Grand bien lui en fasse, j'en ai rien à foutre. C'est pas lui qui va arranger les problèmes que j'ai avec le sourd-muet à côté de moi, immobile comme une carpe. Mais va savoir s'il comprend quelque chose à ce qui se passe à l'écran, l'autre ! Pas moi qui vais le lui demander, en tout cas ! Quelle sordidité ! Je n'en sortirai donc jamais !?
« Cette chaîne est un désastre; mon père est encore pire en pixel qu'en vrai. »
Aucune réponse. Il s'agit de l'unique avantage que j'ai à cette situation. Je parle seul en étant accompagné d'une statue. Génial. Et il ne répond jamais. Enfin si, parfois. Par monosyllabe. Ce qui ne m'aide – ni me convient – pas sérieusement. Tout ça à cause d'un stupide baiser ! On me reprendra à picoler dans l'endroit où mon abruti de colocataire travaille ! Et surtout de le peloter dans l'une des rues les plus fréquentées de Tokyo ! Quoique, il me pelotait aussi joliment, le bougre.
« Il faut dire aussi que tu ne le connais pas, bien entendu... » Je rajoute, soulevant mes sourcils pour accentuer mes paroles. Aucun effet.
Je croise mes jambes dans l'autre sens et entrelace mes bras sur mon torse, frustré. Comment se permet-il de me snober ainsi ? Je prends donc mon air le plus hautain – il faut les grands moyens, et surtout me couvrir en cas de croisement de regard – et tourne les yeux dans sa direction. Il a les yeux implantés sur l'écran, les sourcils froncés à leurs maximum. Son visage à quelque chose de dérangeant, en somme. Comparé à la majorité des asiatiques, il a des traits très européens. Sans compter sa blondeur. Blondeur qui me rappelle notre séance de coiffure. Enfin, elle me rappelle surtout comment elle s'est terminée, à savoir en queue-de-poisson.
Diantre, je ne me rendais pas compte que cette situation était si épineuse ! ... Et voilà que je parle comme Itachi. La folie atteint mes dernières ressources ! Mais qu'il parle, ce crétin ! Je ne lui ai pas bouffé ses cordes vocales lors de ce baiser, je serais au courant !
Ma langue claque mon palet alors que je détourne carrément la tête vers le dehors en manquant de me provoquer un torticolis. Cette scène est absurde. Nous frôlons le kitchissime du pathétique. Deux mecs assis comme des imbéciles à regarder la télévision alors que l'un d'eux est sourd. Cherchez l'erreur !
Il m'énerve. Là, il m'énerve. J'aimerais le secouer, entendre sa voix. Qu'importe si je dois le balancer par la fenêtre pour y parvenir à travers un ultime hurlement. , il est tellement cauteleux qu'il serait encore capable de n'émettre aucun son durant sa chute, outrageusement interloqué !
Mes doigts se resserrent sur mes bras automatiquement tout en plantant mes ongles dans la chair, à travers le tissus. Pas assez pour m'irriter, mais assez pour me faire mal. Juste assez pour penser un brin de seconde à autre chose. Naruto est... là. A quoi ça lui sert de rester dans mes parages s'il ne dit de toutes façons rien ?
D'accord, il faut avouer aussi que je ne prends plus sa main pour y écrire ce que je lui dis. J'évite le contact charnel avec lui depuis cette fameuse nuit où j'en ai trop eu, et pas assez à la fois. C'est cette sorte de manque qui me pousse à prendre mes distances, discrètement, je l'espère. Peut-être que cet illuminé croit que je lui fait la gueule alors que je suis juste en attente d'un mot de lui... Un simple mot. N'importe quoi, juste pour que je sois certain qu'il est encore en vie, qu'il m'entend, entre guillemets. Qu'il n'est pas uniquement présent physiquement. Peut-être que c'est allé trop loin pour lui. Ou nous ?
Quelle circonstance insane. Je ne sais même plus pourquoi on est là, ni qui a commencé à jouer au con. Lui ou moi ? Lui en tentant de m'approcher ou moi en le repoussant ? Nous sommes tous les deux fautifs.
Fautifs de nous convoiter sans oser nous le dire.
Je me lève après quelques instants de réflexion, laissant le poste de télévision allumé. Naruto me regarde d'un air incertain, coupable. Comme s'il était un gosse capricieux et que j'étais le parent trop rigide, austère. Grandis, petit. J'ai pas envie de jouer à la nounou.
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Bien ! Cette fois je deviens complètement dingue. Ce dîner est d'un surréalisme plus extravaguant que les tableaux impressionnistes. C'est quoi ces attitudes nom d'un chien !? Nous dînons comme si nous étions un vieux couple lassé de se voir tout le temps ! Quant à Naruto, il garde fixement les yeux braqués sur ses baguettes. D'ailleurs c'est l'unique son qui 'anime' notre repas ; les baguettes qui s'entrechoquent. J'ai beau avoir été éduqué pour que je sois raffiné, calme et poli, mais là, je veux du mouvement sinon je vais vraiment craquer et faire n'importe quoi ! Danser nu sur le comptoir, faire avaler ses baguettes à Naruto, lui rouler un patin comme un sagouin en lui déchiquetant la langue par la même occasion. ... Là ça devient préoccupant, il faut que j'agisse, je deviens sordide, c'est effroyable. Dantesque, même.
Je touille les morceaux de b½uf qui trainent dans mon bol, sans grand entrain. Naruto quant à lui reste fidèle à ses récentes habitudes, aussi invisible que l'est une fenêtre. Que c'est convivial... A ce rythme, même le dîner deux étages plus haut doit être plus joyeux. Et pourtant, mes parents sont d'un ennuyant ! Entre ma mère dépressive et mon père mesquin... Et les employés de maison.
Un petit soupir intérieur et on recommence à manger. Pas pour si peu qu'on va en perdre l'appétit, si ? Bon.
Quelques bouchées plus tard, j'en ai de nouveau assez. Mais pas suffisamment pour interrompre notre repas pour protester. J'ai encore mon orgueil. Inspire, expire, ouvre les yeux et regarde Naruto manger lentement. Ses cheveux en campagne me font gentiment sourire, surtout quand certaines mèches viennent planquer ses yeux. Ça lui donne un air particulier. Finalement, ce n'est pas si mal que ça, ces faux-airs européens... Puis, ce n'est pas comme s'il était blond platine. Il s'agit plutôt d'un blond orpiment un peu sombre dans les racines, plus coloré dans ses pointes. Il lève les yeux vers moi et encore une fois, je me sens confronté à cette culpabilité mêlée à de la satisfaction. Comme s'il était en plein combat intérieur. Au moins si c'était le cas, je me sentirais moins seul à cogiter sur des imbécillités. Il ouvre un peu la bouche et je sens mon estomac se contracter bien malgré moi en me faisant me redresser quelques peu, avide de savoir ses paroles... Qui ne viennent pas. Naruto clos ses lèvres et porte les baguettes à sa bouche. Ses doigts tremblent un peu...
Loupé. Mon nez se plisse presque inconsciemment, trop déçu de ne rien avoir eu. Quelques malheureuses paroles durant ces derniers jours. Heureusement que j'avais encore les cours pour ne plus y penser. Ou presque puisqu'en cours, je prends des notes pour lui. J'ai d'ailleurs souvent hésité à y glisser quelques sous-entendus, quelques mots qui le fassent réagir et me sauter à la gorge, haineux. Au moins il aurait fait quelque chose... Là, j'ai juste l'impression qu'il sombre dans son mal-être. Et je ne peux rien faire sinon attendre qu'il se décide à en parler. Inuzuka est passé le voir une fois, dans la semaine. Il n'est pas resté très longtemps mais j'ai pu voir que Naruto en a été content... Peut-être aussi que je me préoccupe trop de lui. Il est grand, après tout...
Pourquoi je serais si impuissant devant une surdité maladive ? Il est allé chez son médecin, hier. Mais il n'a rien voulu en dire. Ni même été d'accord pour que je vienne avec lui. Et lorsqu'il est revenu, deux heures plus tard, il avait l'air complètement ailleurs. J'ai tenté d'en savoir plus, mais il s'est terré dans un mutisme agaçant. Vraiment agaçant. Et depuis, il règne cette ambiance très platonique. Qui me met dans une position que je n'apprécie pas du tout. Autant qu'on se tue, qu'on se saute ou qu'on s'oublie.
Je pose mes baguettes à côté de mon bol et le regarde droit dans les yeux, il va bien finir par lever le regard vers moi. C'est logique.
Quelques instants plus tard, il regarde vers le côté, un peu confus, puis tourne ses orbes aux bords quelques peu klein dans les miens. Naruto est mal à l'aise. Je m'en rends compte soudainement, comme si jusqu'à maintenant je n'avais pas vraiment été là, n'avais pas vraiment remarqué son comportement ambigu. Il est mal à l'aise en ma présence. Mais qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire bon sang !? Avant d'aller chez ce fichu médecin – heureusement que je ne sais pas de qui il s'agit, sinon il m'entendrait ! – il n'était pas 'mal à l'aise' ! Il n'était certes pas très avenant envers moi, ce que je peux aisément comprendre suite à ce baiser... Équivoque, mais maintenant... C'est comme s'il y avait quelque chose en plus. Comme si Naruto avait pris conscience de quelque chose de capital... Et qu'il refuse délibérément de m'en parler. La logique voudrait que ce soit parce que cela ma concerne. Sauf que nous parlons de Naruto, et il n'est pas logique.
Toujours est-il que nous restons à nous regarder l'un l'autre, moi essayant de le sonder, lui essayant de trouver une quelconque issue plausible. Issue qu'il trouve maladroitement en faisant tomber ses baguettes qui lui glissent des mains en entrainant ses nouilles avec elles, maculant le sol de la cuisine. Quel beau coup du sort... Je sais même pas s'il l'a fait exprès ou non. Sans doutes...
« Sasuke... Désolé, est-ce que tu as de quoi essuyer ça ? »
Je le regarde et m'apprête à lui répondre lorsque je réalise qu'il ne comprendra pas. Et je ne vais pas perdre mon temps à lui dessiner les idéogrammes pour lui expliquer. Autant me lever et prendre de quoi rendre le carrelage propre. Je me lève donc sous le regard pesant de mon hôte, me dirigeant vers un placard encastré dans le mur sur ma droite. Je me trouve pathétique alors que je me rends compte à quel point nous paraissons crétins pour agir de la sorte, je me sens juste désabusé par tout ça. Simplement trop immature pour comprendre à quel point nous sommes tous les deux sur un chemin qui ne nous ressemble pas vraiment. Mais qu'est-ce qui nous ressemble ? Qu'est-ce qui me ressemble ? Lui, je ne le connais pas si bien que ça. Je ne sais pas qu'elles sont ses motivations dans la vie. Ni pourquoi il a déménagé de la Corée pour ses études. Je ressens toujours comme un grand vide. Comme si le fait de ne pas le connaître si profondément que ça me dérangeait, faisait de moi quelqu'un d'incomplet. Comme si nous formions une seule pièce de puzzle. Absurde. Je me mets encore à parler comme Itachi.
Je saisis un chiffon et essaie de me ressaisir. Ce n'est pas le moment de jouer au petit philosophe en herbe. Pour que ça me prenne dans un moment aussi inopportun, je dois véritablement être fêlé du bocal. Complètement jeté.
Je me dirige vers Naruto et lui tends le chiffon entre mes mains. Il me regarde un peu plus sérieusement que auparavant. Mais qu'est-ce que ce médecin de pacotille lui a dit pour qu'il ait changé de la sorte... Quel genre de révélation est-ce qu'il a bien pu lui faire ? Ah vraiment, si je savais le nom de ce fichu médecin, je lui ferais la peau. En ordre.
J'approche ma main de celle de Naruto, lentement, calculant. Il ne semble pas réactif à mon approche, aussi, je me permets effleurer du bout de mon index la peau un peu gercée par endroits. Il est vrai que le froid est très rude, cette année. Surtout que la neige est arrivée en avance. Déjà avant son accident, il neigeait. Je m'en souviens bien....
Naruto frémit lorsque j'empoigne plus fermement sa main, l'enserrant entre mes doigts que je sens froids au contact de sa chair brûlante. C'est assez incroyable. D'habitude, je suis celui qui a chaud.
[ Dis-moi ce qui cloche. ], je lui écris du bout du doigts, le sentant se contracter alors que j'achève le dernier idéogramme. Il déglutit et ouvre la bouche pour articuler un « Ça ne te regarde pas » rauque et incertain. Même si je me sens profondément frustré de cette réponse, je ne peux m'empêcher de sourire. Il m'a répondu. Simplement ça, c'est gratifiant. Du moins, ça me donne l'impression de ne pas agir en vain.
Je commence donc à écrire sur sa main à nouveau lorsque je me rends compte qu'il ne regarde pas même ce que je dessine, les yeux fâchés tournés vers le sol. Abruti ! Mes mains quittent presque instantanément les siennes pour prendre son visage entre mes doigts. Je ne me gène même pas. Pas plus lorsque j'agrippe plus fortement ses joues, l'obligeant à me regarder avec un air incompris, paumé. Complètement paumé. Tant mieux. S'il est déstabilisé, il baissera sa garde et me dira ce qui ne va pas chez lui.
Seulement, après ces longs jours d'absence de contact, le toucher ainsi m'irradie les phalanges. Sa peau me paraît rêche et n'est pas très douce, mais qu'est-ce que c'est agréable d'avoir ma paume contre elle. Je me rapproche un peu de lui, regardant plus attentivement ses yeux qui m'ont fascinés et déconcentrés il y a six jours. Lorsque je l'ai laissé nous emporté sur un chemin dont nous ne connaissions pas l'existence. Ou alors, on faisait semblant de ne pas en avoir conscience. Parce que lorsque nos bouches se sont rejointes, j'ai clairement su quoi faire. Pas pourquoi, mais j'ai su. Lui aussi.
Un peu comme maintenant.
Mon pouce caresse lentement sa joue, essayant de le mettre en confiance. Il me semble si frêle, dans mes bras. Naruto est tellement plus fort que moi, pourtant... Pour cette fois, j'aurais l'air con. Je me mets donc à articuler lentement, pour qu'il lise sur mes lèvres.
« S'il te plaît. J'ai besoin de savoir. »
Naruto lâche ma bouche des yeux juste pour me regarder plus vigoureusement. Je te te cache rien, cette fois. Il ferme les yeux et pose sa propre main sur l'une des miennes, la retirant de sa joue ignée. L'air résolu.
« Ma surdité est lié à quelque chose.... Et aujourd'hui, j'ai découvert ce que c'était. C'est tout. »
Gros choc. Gros blanc. Grosse angoisse.
« Et qu'est-ce que c'est ? » Je demande, un peu anxieux, toujours lentement.
Il regarde encore mes lèvres. C'est agaçant, ne peut-il pas se concentrer sur ce que je lui ai dit ? Je sais qu'il peut me répondre. Il le faut. J'aimerais pouvoir le convaincre de se confier, mais c'est comme s'il détenait un secret d'état. S'il pouvait m'entendre...
« C'est pas... »
Naruto s'arrête brusquement de parler, et se met à écarquiller les yeux comme s'il voyait la réincarnation du Buddha devant ses yeux. Je me mets également à m'inquiéter lorsqu'un détail affolant me percute aussi violemment qu'un tram : les oreilles de Naruto se sont mises à saigner. Un fin filet de liquide rougeâtre s'écoule dans son cou, venant achever leur course dans le col du pull de Naruto. Ce dernier a toujours l'air aussi interloqué, et c'est dans un sursaut vers l'arrière qu'il se met à hurler, se tenant les oreilles de ses deux mains, roulant sur le sol à la manière d'un possédé. Naruto !
« Naruto ! Naruto qu'est-ce qui se passe !? » Je lui demande, affolé à mon tour, penché sur lui en essayant de le calmer comme je peux. J'agrippe finalement ses épaules et il tourne des yeux embrumés vers moi, me regardant vaguement. Juste avant de basculer sa tête en arrière, dégringolant dans l'abîme de son inconscience. Sacré bon sang ! Mais qu'est-ce qui se passe de nouveau ? C'est quoi cette crise si soudaine ?
Le poids du corps entre mes bras me fait prendre conscience de la situation grave à laquelle je suis confronté. Il a eu une crise ! Une putain de crise ! Et je n'ai rien pu faire ! Statufié, figé, alors qu'il agonisait juste sous mon nez...
Pas le temps de culpabiliser, je lève Naruto et le pose sur le divan rapidement avant de me diriger vers le téléphone fixe. Je compose le numéro de mon frère en toute hâte, me trompant et devant recommencer plus d'une fois. Putain, c'est pas le moment de faire des conneries !
Enfin, j'entends la sonnerie retentir. A peine Itachi a-t-il eu le temps de répondre que je lui hurle de se ramener ici et d'appeler une ambulance.
« Mais qu'est-ce qui se passe, encore ?
- Naruto a eu une putain de crise ! Je m'empresse de lui dire, excédé malgré moi. Je n'y crois toujours pas.
- Sapristi ! »
Ce mot aux consonances si peu expressives augmentent mon anxiété et je dois me retenir à grand peine de lui balancer toutes les injures qui sont dans mon vocabulaire.
« Viens, appelle les urgence. C'est tout, Itachi, s'il te plaît bon sang !
- Je ne suis pas chez moi à l'instant, figure toi que j'ai une vie aussi. Mais je vais venir, comme toujours, pour réparer tes bêtises. Dit-il dans un ton ironique et blasé.
- Mes bêtises !? Je n'ai strictement rien fait, nom d'un chien !
- Bien. A tout de suite. »
Je raccroche sans lui renvoyer son salut, crétin de frère ! C'est pas le moment de me faire la morale, Naruto est dans la pire des positions qu'il soit et... C'est pas bien ! Juste pas bien ! Je ne trouve rien de plus à dire, ce n'est pas bien !
La scène se déroule encore devant moi, lui voulant parler, tombant à la renverse, hurlant. Moi paniqué. Je ne saurais estimer la durée de cette crise, mais le temps m'a paru interminable. Un imbécile s'est sûrement amusé à trafiquer le temps. Je retourne m'asseoir auprès de Naruto et regarde son visage crispé. Je vais rencontrer le médecin qui l'a reçu hier et lui foutre mon pied là où je pense. Non mais quel inconscient ! Laisser un patient partir et le lendemain il fait une crise aussi grave ? Inconscient ! Inconscient ! On n'a pas idée d'agir pareillement !
Et pourquoi Itachi met-il autant de temps !?
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Je tourne en rond depuis demi heure. Depuis demi heure, je sens un début de crampe dans ma jambe gauche ainsi que des fourmis dans mes mains liées dans mon dos, mais je n'y peux rien. Je tourne en rond en attendant ce fichu médecin.
Voici bien trois quarts d'heures que nous sommes arrivés ici. Itachi, moi et Naruto, bien entendu. Ils l'ont emmené en disant que le médecin qui s'en occupe n'allait pas tarder à venir nous donner des nouvelles. Trente minutes ! Trente minutes qu'ils nous ont raconté ces conneries ! Je ne tiens plus et prends place aux côtés de mon grand frère.
« Tu devrais te calmer, Sasuke.
- Et toi la fermer. » Je rétorque, presque machinalement. A cran. Et merde.
« Excuse-moi...
- C'est pas grave, je commence à m'y habituer. Tu tiens le coup ? »
Un soupir et je réponds.
« Ça va. C'est surtout lui qui doit en baver, pour changer. J'ai l'impression qu'il n'arrête pas de s'attirer les crasses...
- Un peu comme toi, non ?
- Pas vraiment. Moi, je les provoque, mes crasses.
- Sasuke...
- Non mais c'est la vérité, Itachi. Je suis un être méprisable. Et j'en ai marre. »
Je sens que ce que je dis se répercute dans mon organisme. Pour amplifier leur vraisemblance. Pour me démontrer encore plus intensément à quel point je ne suis pas beau, en moi.
« Tu ne devrais pas dire ce genre de choses. Ça ne te ressemble pas. »
Je jette un ½il à mon grand frère, le détaillant tout en réfléchissant. Ses cheveux sont attachés à la va-vite sur sa nuque en laissant dégringoler ses longues mèches brunes dans son dos bien droit, appuyé contre le mur d'un blanc de céruse. Je n'ai pas le souvenir de l'avoir jamais vu avec les cheveux courts... Mais ce n'est pas le moment de m'égarer. Je dois rester concentrer sur Naruto. Sur son problème.
Après quelques minutes de silence aux côtés de mon frère, un homme daigne enfin se pointer pour nous parler. Bah c'est pas trop tôt ! ... Eh mais minute !!
« Monsieur Nara !? Je demande, me levant brusquement en reconnaissant le père de Shikamaru.
- Bonsoir, Sasuke, Itachi. Dit-il en nous serrant à tous les deux la main.
- C'est vous, le médecin de Naruto ?
- Effectivement. » Oh merde. J'ai royalement insulté le père de mon meilleur ami. Mais quel con ! « Et je n'ai pas de très bonnes nouvelles à nous annoncer...
- Comment ça ? Il va bien ?
- Plus ou moins. Naruto devrait se réveiller dans les prochaines heures, comme lors de son autre crise. Mais cette fois... Elle a été trop importante. Nous devons le garder en observation... Et même songer à l'hospitaliser.
- ... Je vois. Mais la dernière fois, il a pu sortir.
- Nous le savons. Cependant, la dernière fois, était un essai, pour voir s'il s'habituerait véritablement à sa nouvelle situation. Nous ne nions pas qu'il a fait de sérieux efforts, mais il ne peut continuer à subir ces crises ainsi.
- D'accord...
- Rassure-toi, Sasuke, tu pourras venir lui tenir compagnie. » Ajoute-t-il en posant sa main sur mon épaule. Mais il n'a rien compris, lui !
« Lui rendre visite ne m'intéresse pas ! »
Shikaku Nara me regarde amicalement, avec compassion. S'il croit m'avoir cerné en quelques paroles, il se fourre les doigts dans le nez ! Je n'apprécie pas que l'on me regarde ainsi. Je pose cependant ma propre main sur la sienne et tourne le regard vers Itachi, cherchant un quelconque réconfort. Nageant en pleine contradiction.
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Le thé donne l'impression de danser. Enfin, les feuilles du thé, quand elles débordent du sachet et viennent se répandre dans l'eau bouillante. Elles dansent. Un peu comme mes organes. Un peu comme ma vie.
Encore un soupir et je lève les yeux au dehors. J'aimerais ne pas me souvenir. J'aimerais ne pas savoir pourquoi je me sens si mélancolique. L'ennui est que je sais. Ironique. J'ai toujours voulu tout savoir, être le meilleur. Et maintenant que je sais ça, je n'en veux plus. Je porte la tasse à mes lèves, goutant très lentement le liquide brûlant mais salvateur lors des lendemains douloureux. Surtout ce genre de lendemain. Ceux que j'aimerais oublier. Ceux qui précisément ne veulent pas s'effacer d'eux-mêmes.
Le thé est trop chaud. Je le repose et joint les mains devant mon visage, réfléchissant intensément. Que faire... Naruto n'est même pas là. Ne sera probablement plus jamais entre ces murs. Les jours que nous avons passé ensemble ont été les derniers dans cet appartement, entre ces murs trop colorés ou trop ternes, trop vivants et trop morts. Un peu comme nous.
Je ne supporte pas le fait qu'il soit dans cet hôpital et moi ici. J'ai beau essayer de me convaincre que tout va bien. Hier, Naruto a bien failli mourir, dans cette cuisine, sous mes yeux. J'ai eu la peur de ma vie et je suis encore tétanisé à l'idée qu'il lui arrive quelque chose. Pourtant je ne peux rien faire sinon attendre ici. Attendre qu'il me demande, attendre qu'il veuille que je fasse partie de sa vie, et non par obligation ou pas devoir. J'ai prévenu Minato en rentrant de l'hôpital, et sa réaction a été des plus électriques. Évidemment, j'étais coupable de tout ses maux, de la famine dans le monde et des problèmes économiques. Évidemment, j'ai tout pris au pied de la lettre.
Je me sens coupable. Et je suis rongé par ce que Naruto a essayé de me dire avant de sombrer. Ça me ronge, m'obsède, occupe toutes mes pensées. J'ai essayé de bosser mes cours sur mon ordinateur, j'ai essayé de me détendre et de penser à autre chose, j'ai essayé d'appeler Shikamaru mais rien n'y fait. Je ne pense qu'à ces mots qui ne demandaient qu'à sortir et qui sont restés coincés dans sa gorge. Pourquoi n'a-t-il pas pu me le dire ?
Itachi vient s'asseoir près de moi. Après être rentré de l'hôpital, il ne se sentait pas de me laisser – ou je ne me sentais pas de rester seul... – alors il a passé la nuit ici. Comme avant. Sauf qu'il m'a dit que sa chambre portait déjà l'odeur de Naruto. J'ai presque honte d'avouer être allé vérifier en humant les oreillers...
« Tu vas aller le voir aujourd'hui ? »
Cruelle question. Je ne sais pas y répondre. Je ne veux pas penser à Naruto dans une chambre d'hôpital. Je ne veux pas imaginer le compte goute à son poignet. Ni me fabriquer le discours des médecins quant à leur diagnostic. Je ne veux pas non plus qu'il me voie faiblir devant son propre handicap. S'il te plaît, Itachi, laisse moi encore me bercer dans l'illusion qu'il est encore ici, avec moi. Laisse moi croire que je peux encore tout changer sans y perdre des plumes. Juste encore un moment. Juste avant de me cogner à la réalité, devant lui.
A suivre...
Bien bien bien...
Voici donc l'un des ultimes chapitre de cette fiction... Vous a-t-il plu ? Quelles sont vos idées pour la suite ? (Je suis juste curieuse de savoir ce que vous pensez. ;P Même si j'ai déjà mon scénario en tête depuis très, très longtemps.)
Bon alors... A la base, ce récit était un manuscrit de roman à part entière. Je n'avais pas l'intention d'en faire une fanfiction, ni même de le publier sur le net. Alors... Dès que j'aurais publié le dernier chapitre de cette fiction... Je la retirerai des endroits où je l'ai postée.
Parce que dans deux ou trois mois, la version originale avec les personnages que j'avais crée va être disponible dans les librairies qui l'accepteront.
;) En gros, le livre 'Dis-moi un Secret' va paraître. Hihihi... Il sera commandable via un site internet et je suis en phase de trouver quelques librairies, principalement en Suisse, malheureusement. J'y habite donc forcément, c'est là que je commence... Lol... C'est assez encourageant, j'ai déjà l'accord d'une librairie pour diffuser mon livre.
Voilà c'était pour les infos !!
Encore une fois, je vous souhaite le plus agréable des Noël, fêtez bien et on se retrouvera certainement tout bientôt !!
Portez-vous bien d'ici là !
(Et si on ne se recroise pas, bonne année à vous tous. ;P)
Kelly